clinique esthetique

Seins qui tombent (ptôse) : l’implant suffit-il ou faut-il un lifting (mastopexie) ?

Clause de non-responsabilité : cet article est purement informatif. Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale personnalisée auprès d’un chirurgien plasticien qualifié (titre FMH en Chirurgie plastique, reconstructive et esthétique).

Femme recouvrant sa poitrine avec les mains

C’est l’un des motifs de consultation les plus fréquents en chirurgie plastique en Suisse, souvent accompagné d’une grande détresse psychologique. Après une ou plusieurs grossesses, une perte de poids importante ou simplement avec le temps, la poitrine “se vide” et s’affaisse.

Beaucoup de patientes arrivent en consultation avec une idée préconçue : “Je veux juste des implants pour remonter tout ça.” C’est une erreur technique fondamentale.

En chirurgie mammaire, il existe deux problèmes distincts qui nécessitent deux solutions opposées :

  • Lorsqu’il manque du volume, la correction repose sur l’ajout de volume à l’aide d’un implant.
  • En revanche, lorsque la peau est en excès et que la poitrine s’affaisse, la solution consiste à retendre les tissus par un lifting.

Confondre les deux expose à des résultats esthétiques catastrophiques. Si l’on place un implant lourd dans un sein dont la peau est déjà détendue, la gravité va accélérer la chute. On obtient alors l’effet “double bulle” (l’implant reste en haut, le sein coule en bas).

Ce dossier complet vous explique comment diagnostiquer votre ptôse, comprendre les cicatrices nécessaires et choisir la bonne stratégie opératoire.

Le diagnostic médical : comment savoir si vous avez une ptôse mammaire ?

En langage médical, la chute du sein se définit par la position de l’aréole par rapport au sillon sous-mammaire (le pli sous le sein).

Pour vous auto-évaluer, regardez-vous de profil dans un miroir. Les chirurgiens utilisent la classification de Regnault pour déterminer la sévérité :

  • Absence de ptôse : le mamelon est situé au-dessus du pli du sein.
  • Ptôse grade 1 (légère) : le mamelon est au niveau du pli du sein.
  • Ptôse grade 2 (modérée) : le mamelon est en dessous du pli, mais reste au-dessus du contour inférieur du sein.
  • Ptôse grade 3 (sévère) : le mamelon est au point le plus bas du sein, regardant vers le sol.
  • La “pseudoptôse” : cas particulier fréquent après l’allaitement. Le mamelon est à la bonne hauteur, mais la glande s’est vidée et “coule” dans le bas du sein. Le sein paraît vide sur le dessus.

La règle d’or : dès lors que le mamelon est au niveau ou en dessous du pli, un implant seul ne suffira jamais à corriger l’esthétique. Il faut retirer de la peau.

La solution chirurgicale en cas de ptôse mammaire

La mastopexie est une intervention de “redrapage”. Le chirurgien ne touche pas forcément au volume, il agit sur l’enveloppe cutanée.

Le principe du lifting des seins (mastopexie)

L’opération repose sur trois actions simultanées :

  1. L’ascension de l’aréole : on remonte le complexe aréole-mamelon pour le placer au sommet du nouveau galbe.
  2. La concentration de la glande : on remodèle le tissu mammaire pour le rendre plus compact et bombé.
  3. La résection cutanée : on retire toute la peau excédentaire (le “trop-plein”) pour retendre l’enveloppe.

La contrepartie incontournable : les cicatrices

C’est souvent le point de blocage pour les patientes. Pour retendre la peau, il faut inciser. Contrairement à une augmentation mammaire simple (où la cicatrice est cachée), le lifting laisse des marques sur le sein.

La cicatrice dépend de l’importance de la chute :

Cicatrice péri-aréolaire (technique du round block)

  • Pour qui ? Ptôses très légères ou corrections d’asymétrie.
  • La trace : uniquement autour du mamelon (à la jonction peau colorée/peau claire). Très discrète.

Cicatrice verticale (technique du lollipop)

  • Pour qui ? Ptôses modérées (la majorité des cas).
  • La trace : autour du mamelon + une ligne verticale qui descend jusqu’au pli du sein.

Cicatrice en T inversé (cicatrice en ancre marine)

  • Pour qui ? Ptôses sévères ou après perte de poids massive (post-bariatrique).
  • La trace : autour du mamelon + verticale + horizontale dans le sillon sous-mammaire.

Note importante sur la cicatrisation : la cicatrice met 12 à 18 mois à mûrir. Elle sera rouge les premiers mois, puis rosée, avant de blanchir pour devenir une ligne fine. La qualité finale dépend à 50% du chirurgien (sutures fines) et à 50% de votre génétique.

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Option A : la plastie-prothèse (lifting + implant)

C’est l’intervention reine du “mommy makeover“. Elle s’adresse aux femmes qui ont les seins tombants et vides.

Principe de la plastie-prothèse

Le chirurgien combine deux opérations en une : il pose un implant (pour redonner du volume et remplir le décolleté) et réalise le lifting (pour tendre la peau par-dessus la prothèse).

Avantages du lifting mammaire avec implant

  • Résultat spectaculaire : le sein est haut, ferme et rempli.
  • Décolleté pigeonnant impossible à obtenir avec un lifting seul.

Risques spécifiques de la plastie-prothèse

C’est une chirurgie plus délicate qu’une augmentation simple. En posant un implant, on exerce une pression sur la peau que l’on vient de suturer. Le risque de problèmes de cicatrisation est légèrement plus élevé. Les chirurgiens suisses privilégient souvent des prothèses de taille modérée pour ne pas mettre trop de tension sur les cicatrices.

Option B : l’auto-prothèse (lifting sans implant)

C’est la tendance actuelle vers le naturel. Elle concerne les femmes qui ont un volume suffisant (bonnet C ou D) mais dont la poitrine s’est affaissée.

Principe de l’auto-prothèse mammaire

Le chirurgien utilise votre propre glande mammaire ptôsée. Au lieu de la laisser pendre, il la replie sur elle-même et la fixe en hauteur contre le muscle pectoral.

  • L’effet : votre propre glande agit comme un implant naturel.
  • Le résultat : une poitrine plus petite visuellement (car on l’a compactée et remontée), mais plus jeune et ferme.
  • L’avantage majeur : aucun corps étranger. Pas de risque de coque, pas de rupture, pas de changement de prothèse dans 10 ans. Le résultat est définitif (sous réserve de stabilité de poids).

Convalescence et suites opératoires après un lifting des seins

La mastopexie est une intervention d’environ 2h à 3h, réalisée sous anesthésie générale.

La douleur après une mastopexie

Étonnamment, le lifting (qui touche la peau) est moins douloureux que la pose d’implants (qui touche le muscle). C’est une sensation de brûlure ou de tiraillement superficiel, bien gérée par des antalgiques simples.

L’œdème et les ecchymoses

Les seins seront gonflés et bleus pendant 15 jours. La forme initiale peut sembler un peu “carrée” ou aplatie ; c’est normal. Le sein s’arrondit au bout de 2 à 3 mois.

Le port du soutien-gorge post-opératoire

Le port d’un soutien-gorge de contention (Zbra), jour et nuit pendant 4 à 6 semaines, est nécessaire en post-opératoire afin de soulager la tension sur les cicatrices.

Tabac et cicatrisation

C’est une contre-indication formelle. Fumer ralentit la micro-circulation sanguine. Sur un lifting mammaire où l’on déplace de la peau, le tabagisme entraîne un risque majeur de nécrose (mort de la peau) et de désunion des cicatrices. L’arrêt est impératif 1 mois avant et 1 mois après.

Conclusion

Le lifting mammaire est la chirurgie de la réconciliation avec son corps. C’est accepter d’échanger une forme lourde et tombante contre des cicatrices fines qui s’estomperont avec le temps. Pour un résultat harmonieux, le diagnostic initial est clé : ne forcez jamais un chirurgien à poser des implants si votre peau ne peut pas les porter.

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Clause de non-responsabilité : cet article est purement informatif. Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale personnalisée auprès d’un chirurgien plasticien qualifié (titre FMH en Chirurgie plastique, reconstructive et esthétique).

Questions fréquentes

Oui, c’est même la meilleure indication. Si un sein tombe plus que l’autre, le chirurgien adaptera le dessin de la résection cutanée pour remonter le sein le plus bas et les symétriser parfaitement.

Dans la grande majorité des cas, oui. Cependant, comme on déplace l’aréole, une perte de sensibilité transitoire (quelques semaines) est fréquente. Dans de rares cas, si la ptôse était géante et que l’aréole a dû être déplacée de plus de 10 cm, une diminution définitive de la sensibilité est possible.

  • Mastopexie simple (sans implants) : env. 10’000.- CHF à 14’000.- CHF.
  • Mastopexie avec implants (plastie-prothèse) : env. 14’000.- CHF à 18’000.- CHF (incluant le prix des prothèses).
  • Prise en charge : si la ptôse est consécutive à une chirurgie bariatrique (perte de poids massive après bypass/sleeve) et entraîne des problèmes fonctionnels (macération), une demande de prise en charge LAMal est parfois possible (cas de chirurgie réparatrice).

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