Avertissement : les informations contenues dans cet article sont fournies à titre exclusivement éducatif et ne constituent en aucun cas un avis médical personnalisé. Elles ne sauraient remplacer une consultation individuelle auprès d’un médecin qualifié — seul habilité à évaluer les indications, contre-indications et risques spécifiques à votre situation. Tout traitement ou intervention médicale doit faire l’objet d’une consultation préalable auprès d’un spécialiste reconnu en Suisse.
Le relâchement cutané du visage et du cou est l’une des premières préoccupations esthétiques qui amène les patients à consulter. L’ovale du visage se brouille, la peau du cou se distend, les paupières s’alourdissent.
Face à ces signes du temps, la chirurgie — rhytidectomie ou facelift — offre des résultats durables mais implique une anesthésie générale, des cicatrices et une convalescence de plusieurs semaines. À l’opposé, les soins de surface n’agissent que sur l’épiderme et peinent à corriger une véritable ptose tissulaire.
Entre ces deux extrêmes, l’Ultherapy® occupe une place singulière : c’est à ce jour le seul dispositif à ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU — High-Intensity Focused Ultrasound) disposant d’une homologation de la FDA (Food & Drug Administration américaine) pour le lifting non chirurgical du visage, du cou, du menton et du sourcil. Développé par la société Merz Aesthetics, il est aujourd’hui utilisé dans de nombreuses cliniques spécialisées en médecine esthétique, en Suisse comme à l’étranger.
Cet article décrit avec précision le mécanisme d’action de l’Ultherapy®, ses indications réelles, ses limites, le ressenti pendant la séance, les suites attendues et le cadre tarifaire en vigueur en Suisse.
Pour comprendre l’Ultherapy®, il faut d’abord comprendre ce qui se passe dans les couches profondes de la peau lorsqu’elle vieillit. La peau est organisée en strates superposées. Sous l’épiderme et le derme se trouve une couche fibromusculaire appelée SMAS (Système Musculo-Aponévrotique Superficiel).
C’est précisément cette couche que le chirurgien plastique FMH manipule lors d’un facelift chirurgical pour soulever et retendre les tissus. Avec l’âge, la production de collagène et d’élastine diminue, et le SMAS se relâche progressivement, entraînant avec lui la peau qui lui est attachée.
L’Ultherapy® cible le SMAS sans incision, grâce à des ultrasons focalisés à haute intensité. Le principe est comparable à celui d’une loupe qui concentre les rayons du soleil en un point unique : l’énergie ultrasonore traverse les couches superficielles de la peau sans les endommager, puis se concentre en un point précis à une profondeur donnée.
Cette énergie crée des points de coagulation thermique (PCT), des micro-lésions contrôlées d’environ 1 mm de diamètre, à des profondeurs de 1,5 mm, 3 mm et 4,5 mm selon la cartouche utilisée. Ces micro-lésions déclenchent une réaction biologique naturelle : le corps interprète ces points de chaleur comme une blessure et lance un processus de réparation. Ce processus implique la néocollagenèse — la synthèse de nouveau collagène — et le remodelage des fibres existantes.
La particularité de l’Ultherapy® est que le praticien peut visualiser les tissus en temps réel grâce au module d’imagerie par ultrasons intégré (DeepSEE®). Cette fonctionnalité permet de vérifier que l’énergie est bien délivrée au niveau du SMAS, et non sur des structures anatomiques à préserver (vaisseaux, nerfs superficiels, os). Il ne s’agit donc pas d’un traitement « à l’aveugle » : chaque tir est guidé par l’image.
Le résultat visible n’est pas immédiat. Le collagène néoformé met 2 à 3 mois pour structurer les tissus, et le résultat définitif s’apprécie généralement entre 3 et 6 mois après la séance. La durée de l’effet est estimée à 12 à 18 mois en moyenne, avec une variabilité importante selon l’âge, le tabagisme, la qualité cutanée et les habitudes de vie du patient.
L’Ultherapy® s’adresse à des patients présentant un ptosis cutané léger à modéré, qui souhaitent obtenir un effet de raffermissement et de redéfinition de l’ovale sans accepter les contraintes d’une chirurgie. La tranche d’âge la plus représentée dans les études cliniques se situe entre 35 et 65 ans. Plus précisément, le traitement est particulièrement adapté aux profils suivants :
Il est fondamental d’être honnête sur les limites du traitement. L’Ultherapy® n’est pas un lifting chirurgical, et ne peut en aucun cas reproduire les résultats d’une rhytidectomie en cas de ptose tissulaire importante. Chez les patients présentant une peau très relâchée, un excès de tissu cutané significatif ou des bajoues prononcées, les bénéfices seront modestes et la chirurgie esthétique restera la solution la plus efficace.
Certaines situations médicales contre-indiquent formellement l’utilisation de l’Ultherapy® :
Les patients ayant récemment reçu des toxines botuliques ou des fillers à l’acide hyaluronique ne sont pas contre-indiqués, mais le praticien doit être informé afin d’adapter la stratégie de traitement. Un délai de 2 semaines après toute injection est généralement recommandé.
La séance débute par une consultation pré-traitement au cours de laquelle le médecin évalue la qualité cutanée, les zones à traiter et discute des attentes du patient. Cette étape est indispensable pour adapter le protocole (profondeur, nombre de tirs, énergie délivrée) à l’anatomie individuelle.
Le jour de la séance, un gel de contact est appliqué sur la peau nettoyée. Le médecin pose la transductrice de l’appareil sur la peau et visualise les tissus en temps réel sur l’écran intégré avant de déclencher les tirs ultrasonores.
Il serait inexact de présenter l’Ultherapy® comme un traitement indolore. La grande majorité des patients décrivent des sensations de chaleur intense, de picotements profonds ou de légères douleurs électriques au moment de chaque tir ultrasonore. Ces sensations sont fugaces (quelques millisecondes par tir) mais se répètent tout au long de la séance, qui dure entre 45 minutes et 2 heures selon les zones traitées.
L’intensité douloureuse est très variable d’un individu à l’autre et selon les zones : les zones osseuses (pommettes, ligne mandibulaire) sont généralement plus sensibles que les joues charnues. Pour les patients à faible tolérance, certains praticiens proposent une prémédication analgésique (paracétamol ou ibuprofène oral) ou une crème anesthésiante topique appliquée 45 minutes avant la séance, bien que l’efficacité de cette dernière sur les douleurs profondes reste limitée.
Il n’existe pas de protocole standard d’anesthésie locale pour ce traitement. Certains praticiens utilisent une prémédication analgésique ou, plus rarement, des blocs nerveux sélectifs. Les injections directes d’anesthésique local sont généralement évitées car elles peuvent modifier les propriétés des tissus cibles, bien que l’impact réel sur les résultats ne soit pas définitivement établi dans la littérature. La sédation intraveineuse reste envisageable dans certains contextes cliniques.
Dans la grande majorité des cas, une seule séance suffit pour obtenir un effet satisfaisant sur une peau en début ou milieu de relâchement. Un second traitement peut être envisagé 12 à 18 mois plus tard pour maintenir le résultat. Le nombre de tirs délivrés au cours d’une séance (entre 300 et 900 selon les zones) est un indicateur important de la qualité du traitement.
L’un des atouts majeurs de l’Ultherapy® est l’absence de convalescence significative. La quasi-totalité des patients retrouve une activité professionnelle et sociale normale dès le lendemain de la séance, ce qui justifie l’expression zero downtime utilisée en médecine esthétique pour qualifier ce type d’intervention.
Immédiatement après la séance, plusieurs effets transitoires sont courants :
Ces effets restent discrets et ne nécessitent généralement pas de maquillage correcteur ni d’éviction sociale. Quelques recommandations post-traitement sont habituellement transmises :
Le résultat final s’installe progressivement sur 3 à 6 mois. Certains patients observent un léger durcissement ou un « travail » sous-cutané dans les premières semaines, signe que le processus de néocollagenèse est actif.
Bien que l’Ultherapy® soit considéré comme un traitement à profil de sécurité favorable, il n’est pas exempt de risques, surtout lorsqu’il est pratiqué dans des conditions non optimales.
En Suisse, la pratique de la médecine esthétique est réglementée, mais le cadre varie selon les cantons. Pour garantir la sécurité optimale, il est impératif de s’adresser à un médecin titulaire d’un titre de spécialiste FMH (en dermatologie et vénéréologie, en chirurgie plastique reconstructive et esthétique, ou en médecine interne avec formation complémentaire en médecine esthétique), disposant d’une solide formation aux ultrasons focalisés et travaillant avec du matériel authentiquement homologué.
Des cliniques peu scrupuleuses utilisent parfois des appareils non certifiés (copies chinoises de machines HIFU grand public), qui ne disposent pas de l’imagerie en temps réel de l’Ultherapy® et qui ne permettent pas un contrôle précis de la profondeur de pénétration.
Ces appareils sont vendus sous des noms génériques (« HIFU lifting », « machine HIFU ») sans être l’Ultherapy® homologuée FDA de Merz. Les résultats sont imprévisibles et le risque de complications est significativement plus élevé.
Pour tout traitement HIFU, vérifiez que le praticien dispose d’un système d’imagerie permettant de contrôler la profondeur et la position de délivrance de l’énergie en temps réel — une fonctionnalité essentielle pour la sécurité et la précision du traitement.
Les tarifs de l’Ultherapy® varient en fonction des zones traitées, du nombre de tirs délivrés et des honoraires propres à chaque établissement. En Suisse, les fourchettes indicatives observées dans les cliniques spécialisées sont les suivantes :
Ces estimations sont données à titre indicatif. Le tarif exact dépend du protocole personnalisé établi lors de la consultation initiale.
L’Ultherapy® est un acte 100 % esthétique. Il n’existe aucune base légale permettant une prise en charge par la LAMal (assurance maladie de base suisse) pour ce traitement, quelle que soit la zone traitée ou la motivation invoquée. Aucune exception fonctionnelle ne peut justifier un remboursement par l’assurance obligatoire des soins pour ce type d’acte.
Les assurances complémentaires (LCA) peuvent, dans de rares cas et selon les contrats, participer à certains actes esthétiques. Il appartient à chaque patient de se renseigner directement auprès de son assureur avant la séance, sans garantie de prise en charge.
L’Ultherapy® constitue une alternative non chirurgicale intéressante pour traiter un relâchement cutané léger à modéré en ciblant directement le SMAS grâce aux ultrasons focalisés. Ses résultats, progressifs et naturels, s’installent sur plusieurs mois et durent en moyenne 12 à 18 mois, sans éviction sociale significative.
Toutefois, ses indications restent limitées et ne permettent pas de remplacer un lifting chirurgical en cas de ptose importante. Enfin, la sécurité et l’efficacité du traitement reposent avant tout sur l’expertise du praticien et l’utilisation d’un dispositif authentiquement homologué.
Avertissement : les informations contenues dans cet article sont fournies à titre exclusivement éducatif et ne constituent en aucun cas un avis médical personnalisé. Elles ne sauraient remplacer une consultation individuelle auprès d’un médecin qualifié — seul habilité à évaluer les indications, contre-indications et risques spécifiques à votre situation. Tout traitement ou intervention médicale doit faire l’objet d’une consultation préalable auprès d’un spécialiste reconnu en Suisse.
Non. L’Ultherapy® et le lifting chirurgical ne sont pas interchangeables. Le lifting chirurgical (rhytidectomie ou facelift) permet de repositionner physiquement les tissus relâchés et d’exciser les excès cutanés, avec des résultats bien plus importants et durables (5 à 10 ans). L’Ultherapy® est une alternative pertinente pour les patients présentant un relâchement léger à modéré qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas envisager la chirurgie. Pour les ptoses importantes, la chirurgie reste la solution la plus adaptée.
Oui, l’Ultherapy® se combine fréquemment avec d’autres modalités thérapeutiques pour une approche globale du vieillissement facial. Les combinaisons les plus documentées incluent les injections de toxine botulique (pour les rides d’expression), les fillers à l’acide hyaluronique (pour restaurer les volumes perdus) ou encore la radiofréquence. Ces associations doivent être discutées avec le médecin, qui définira un ordre et des délais entre les procédures pour optimiser les résultats et minimiser les risques.
Les effets de l’Ultherapy® durent en moyenne 12 à 18 mois, parfois 24 mois chez des patients jeunes avec une bonne qualité cutanée. Le vieillissement cutané se poursuivant naturellement, une séance d’entretien est habituellement proposée tous les 12 à 18 mois pour maintenir le résultat. Le traitement n’est pas cumulatif au sens où il n’aurait pas d’intérêt à être répété trop fréquemment : l’intervalle recommandé entre deux séances est d’au moins un an.